Balade dans le vignoble français
Un poète amoureux du vin vous emmène...
Le nez du vinPhiltre d´amourVous me dites, Madame : ´Ah que ce vin sent bon !´?
Venez donc avec moi, profitez d´un bon nez !
Des arômes du vin, retenez bien le nom
En découvrant les lieux où je vais vous mener
Commençons en
Alsace; de Bergheim à Rouffach
Là, entre Vosges et Rhin poussent des raisins nobles
Exhalant en été, lorsque le soleil claque
Des senteurs d´eau-de-vie propres à ces doux vignobles
Humez bien ce pinot et son odeur de pomme
Sentez tout aussitôt cette fleur d´oranger
Ne distinguez vous point dans ce Riesling la somme
De parfums de citron et de fleurs du verger ?
Avalez les effluves du Tokay Pinot Gris
Ce sont des goûts de noix, de crème et de beurre frais
Du Gewurtztraminer extrayez le litchi
Respirez le pétale de rose s´il vous plaît.
Avançons maintenant en
pays bourguignonEt découvrons Madame cette côte de Beaune
Dont la terre permet la délicate union
De vins rouges et blancs, pas très loin de la Saône.
Inclinez vous devant Chassagne-Montrachet
Vin blanc unique au monde aux senteurs d´ananas
Et aussi de melon; Du pommard approchez
L´odeur du minéral, la moiteur des sous-bois
Quittons Beaune et sa côte, à la côte de Nuits
Rendons nous sans tarder, les grands vins sont légions
Et comme celles-ci s´annoncent à grands bruits
Au monde qui connaît tout entier la Région
Traquez le Nuits Saint Georges, respirez par le nez
Ses arômes de truffe et de terre mouillée ;
Sentez chez son voisin, la Vosne Romanée
Les fleurs et puis la mûre et le bois vanillé
Juste à la pointe d´herbes et noisette grillée
Quand Gevrey-Chambertin en concert réuni
Fruits noirs et chocolat, cassis et pain grillé.
Ne nous attardons pas et vers
Bordeaux partons
Tant de vins nous attendent, tant de crus nous appellent
Qu´on a bien de la peine à retenir leurs noms
A cerner les châteaux, à hanter les chapelles
Goûtez au
Pomerol, ce faubourg du Vieux port
De Libourne endormi, ces grands vins de Légende
Aux senteurs d´herbe fraîche, de truffe et de thé fort
Puis à
Saint-Emilion comme au temps des Jurandes
Jouissez sans retenue des parfums de l´olive
De l´arôme de menthe et d´herbes de Provence
Avant que nous allions la-bas sur l´autre rive
Du pays de
Sauternes où tout n´est qu´élégance
Remerciez Botrytis, sa pourriture noble
Produit un nez de miel et de noix de coco
Ce nectar vous enivre autant qu´un paso doble.
Aux rives d´à côté d´où l´on voit les coteaux,
Ce sont les vins de
Graves mais ils ne le sont pas
Ils jouent entre Garonne et la forêt landaise
Ont un parfum d´agrumes, de figue et de tabac
Ils se disent légers, mais ce sont des fadaises
Madame, Echappons nous, filons vers le
MédocEn partant de
Margaux jusque à
Saint EstèpheSur les rives pierreuses, pareilles à des rocs
Portez votre regard que n´obstrue nul relief
Respirez longuement la fragrance du cèdre
L´odeur de la violette et celle du feuillage
Pareil à lui je tremble à l´idée de vous perdre
Et j´ai peur de ne pas terminer ce voyage
Ah ! Quels regrets j´aurai à devoir vous quitter
Alors qu´en d´autres lieux du beau pays de France
Je vais avoir plaisir à vous accompagner
On y trouve Madame autant de différences
Que de ravissements à voir votre beauté.
Je vais vous amener à Bourgueil, à Chinon
A
Sancerre, à Pouilly qui sont tout à côté
Dans les vins de
Champagne en chantant votre nom
Je ferai mille voeux, vous ouvrirai la Voie
De la
côte du Rhône comme de l´Hermitage
Je poursuivrai la route jusqu´en Minervois
A Corbières, à Fitou pas très loin de la plage
Après une escapade aux rives de l´Adour
Nous irons à Buzet puis à Montbazillac
Vous approchant de moi, vous sentirez l´amour
Que je veux vous donner chez moi à Bergerac
Si seulement Madame en offrant mes hommages
Je pouvais espérer de vous quelques faveurs
Mais ce nez qui vous sert est mon désavantage
Sauf à vous respirer comme un bouquet de fleurs
Et pourtant, enivrée par toutes ces senteurs
Peut-être voudrez-vous me dévoiler vos charmes
Oubliant un moment ce qui fait ma laideur
Ah Madame ! Que vois-je ? Mais oui ce sont des larmes !
Gérard Dauce
Après des études secondaires chaotiques, Gérard Dauce réussit néanmoins aux épreuves du bac, s´égare quelques temps dans la fonction d´éducateur spécialisé avant de s´immoler sur l´autel du notariat et de bifurquer ensuite vers la profession d´agent immobilier, ce qu´il est toujours.
Mais comment peut-on être à la fois expert immobilier et poète ? Il vaudrait mieux lui demander.